Dernières recherches sur les reliques de Marie-Madeleine

Un évènement scientifique incontournable

Le 8 décembre 2018 – Conférence du Dr Charlier au Couvent Royal de St Maximin – précédée d’un concert- 

Organisée par Madame Françoise Sur et les Amis de la Basilique 

par Florence Humbert, guide-conférencière

Une belle galerie de personnages historiques passés entre ses mains

Il aura eu de drôles de patients entre les mains, le docteur Charlier, c’est le moins que l’on puisse dire! Ces patients un peu particuliers, il les amènent aussi au scanner, à la différence que ce sont…des restes humains !  Lucy, Richard cœur de Lion, St Louis,  Henri IV, Jeanne d’Arc, Diane de Poitiers, Agnès Sorel, Blaise Pascal, et même…Hitler !

Avec une formidable équipe de chercheurs et de biologistes, ce médecin légiste analyse minutieusement les ossements qu’on lui confie, identifie les maladies et les causes de décès de ces derniers. A partir d’un os sec il peut reconstituer un diagnostic rétrospectif.  Puis son associé Philippe Froesh prend le relais avec ses logiciels d’infographie 3D extrêmement performants et ce tandem bien sympathique fait parler…les morts!

Nous savons désormais que Lucy, notre chère australopithèque âgée de 3 millions d’années, est morte d’une morsure de crocodile aux fesses; que les reliques de Ste Jeanne d’arc retrouvées dans un bocal, étaient en fait celles d’une momie égyptienne, que notre bon roi St Louis n’a pas succombé à la peste comme nous l’avions tous appris, mais d’une maladie contractée lors de sa croisade précédente, genre amibiase exotique, (que le Dr Charlier est sur le point d’identifier) et que Diane de Poitiers pouvait encore sourire grâce à son dentier en ivoire… d’hippopotame !

Il manquait tout de même à son palmarès une patiente mondialement connue : Marie-Madeleine ! Eh bien, voilà, c’est chose faite: le visage de la femme la plus célèbre pour les chrétiens, après la vierge Marie, vient d’être enfin révélé au monde.

Le précieux reliquaire n’ayant pu être ouvert, les clichés photographiques ont été pris à travers la vitre , ce qui a compliqué le travail des chercheurs.

Il aura fallu 400 clichés photographiques pour exécuter un modèle en double numérique, et puis 1 an et demi de travail, avec la collaboration de 12 chercheurs pour que le crâne présumé de la sainte conservé à la Basilique de St Maximin, reprenne vie de manière stupéfiante!

Chacun retient son souffle lorsque apparaît enfin sur l’écran le visage d’une femme de 55 ans, de type méditerranéen, dont le regard mystérieux nous plonge dans un abîme de réflexion…Marie-Madeleine telle qu’en elle-même…

Gravité profonde d’un visage qui nous interpelle…

Philippe Froesh (à g sur la photo) à la fois infographiste sculpteur et artiste de génie, a accompli une prouesse. Rien n’est laissé au hasard: chaque cil est implanté un à un ; le grain de la peau correspond à celui d’un vrai visage d’une femme de cet âge. Il nous explique son cadrage en gros plan et son choix du noir et blanc. Eviter à tout prix la froideur impersonnelle d’une image numérique, et ses couleurs artificielles. Ainsi le personnage, tout en nous regardant, nous transmet sérénité et paix, à la manière d’une icône…

Les cheveux de Marie Madeleine

Une diatomée dans les cheveux de la relique conservée à la Sacristie de la Basilique

Ses célébrissimes cheveux furent également passés à la loupe binoculaire. Verdict: Ils étaient brun, tirant vers le roux (et un peu sale, car un dépôt s’y trouvait en surface…) Des traces d’argile et d’algues de terre sainte y ont été analysées. Le Dr Charlier est formel : cette sorte d’argile n’a été retrouvée ni dans la grotte de la Ste Baume, ni à proximité de celle-ci. Hypothèse: Soit elle se teignait les cheveux avec des produits qu’elle avait rapportés de chez elle, comme cela se faisait au proche orient au 1er siècle, soit c’était une sorte d’antiparasite qu’elle utilisait contre les poux! Ou les deux. 

Et ce n’est pas tout: il y a même retrouvé du fenouil ! La science confirme ainsi l’étonnant récit de Charles II d’Anjou lors de sa découverte du tombeau en 1279: Une grande pousse de fenouil encore vert sortait de la langue de Marie Madeleine… 

Le docteur Charlier conclut en disant que bien qu’une analyse au Carbone 14 puisse dater précisément le crâne, infirmant ou affirmant qu’il s’agit ou pas d’un crâne du 1er siècle, elle causerait sur les reliques des destructions irréparables, et ne prouverait rien sur le plan de la foi. Jamais la science ne pourra affirmer qu’il s’agit avec certitude du crâne de  Ste Marie Madeleine. 

Il aimerait bien sûr poursuivre ses investigations par une recherche ADN;
Il suffirait pour cela de 2 petits cheveux! L’ADN préciserait bien des choses, comme la couleur de ses yeux ou une maladie génétique qui aurait pu causer sa mort, ou mieux encore: qu’elle était bien la soeur de Marthe et de Lazare, puisque des reliques de ces saints existent toujours! La vénérable tradition provençale ne s’en porterait que mieux, si cela était un jour prouvé par la science…

En attendant, il a commencé à étudier le si controversé crâne de Lazare conservé à La Major de Marseille, et nous sommes impatients de pouvoir contempler le visage de celui qui est mort deux fois!

Mais pour l’instant, impossible d’aller plus loin! Il reste un pas à franchir et non des moindres: Il lui faudra pour cela demander l’autorisation du Pape en personne! 

A suivre, donc!…

Pour en savoir plus, aller sur le site de Ph Froesh 


Extrait du Concert lors de cette soirée exceptionnelle: Les Archets du Roi René

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