Un amour, jusqu'où ?

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Il est difficile de dire qu’une véritable tradition a fait de Marie de Magdala l’épouse ou la maîtresse de Jésus. Ceux qui à travers les âges l’ont supposé furent toujours très minoritaires. Les textes relatifs à Marie-Madeleine sont peu nombreux, surtout la crise gnostique (2-3ème siècle). L’idée de prêter des relations charnelles au Christ, tout simplement parce qu’il avait été un homme « normal », a pu être évoqué ici ou là, sans que les générations successives se soient passé le mot.

 

En rester à l’Evangile: Autant le dire d’emblée : s’il ne fait aucun doute que, selon les Évangiles, Marie-Madeleine a joué un rôle privilégié auprès du Christ, aucun élément sérieux ne permet de dire que leurs relations ont eu un caractère charnel. Les quatre évangiles qui sont les textes les plus fiables, les plus précis, les plus proches des évènements concernant la vie de Jésus ne contiennent aucune mention imaginant un quelconque rapport. Les textes apocryphes auxquels les tenants d’une relation charnelle se référent sont beaucoup plus tardifs, fragmentaires et de mauvaise qualité.

 

On n’est pas, certes, obligé de croire les Evangiles. Pour certains, ce sont des textes mythiques, produits de l’imagination humaine. Mais dans ce cas, Marie-Madeleine est aussi un mythe, alors il ne sert à rien d’en parler ! Tenir en tout cas les sources gnostiques pour plus crédibles que les sources canoniques est un contresens, fondé sur une méfiance systématique envers l’Église officielle où le préjugé se substitue à l’objectivité.

 

Si l’on ne tient pas compte des Evangiles, on peut penser certes que le Christ a eu des relations sexuelles. Mais dire : « il ne pouvait pas en être autrement », c’est aller à l’encontre du message du Nouveau Testament. Il en va de même pour l’idée sans référence aucune que Jésus aurait eu un enfant avec Marie-Madeleine ; ce fils tenu caché aurait donné lieu à une descendance prestigieuse...(c'est la thèse du roman le Da Vinci Code de Dan Brown)

 

Pourtant, il reste une relation privilégiée entre l’Homme-Dieu et une femme, ancienne pécheresse, Maria de Magdala. Tels sont les deux bouts de la chaine à tenir. Il est significatif que ceux qui n’acceptaient pas cette voie médiane (relation privilégiée, sans rapports charnels) furent obligés dès le 2ème siècle de rajouter aux Évangiles canoniques des textes parallèles. Pour ceux qui ne pouvaient concevoir le privilège de Marie-Madeleine d’avoir été la première à voir le Ressuscité, il a fallu imaginer une apparition initiale de Jésus à la Vierge-Marie (apocryphe de Barthélemy). Pour ceux qui ne pouvaient concevoir une amitié hors du commun entre Jésus et la Madeleine tout en restant chaste, il a fallu inventer des relations physiques entre eux (apocryphe de Philippe*). Mais une fois encore, il suffit pourtant de s’en tenir aux textes des évangiles.

 

NBfiles/Photos/Marie-Madeleine/jesus-christ-maria-magdalena.jpg * : L’Evangile selon Philippe est retrouvé en copie dans le manuscrit copte de Nag Hammadi, en usage au 4e siècle. Marie-Madeleine y apparaît plusieurs fois. Voici les deux versets souvent cités pour imaginer une relation charnelle entre Jésus et Marie Madeleine : « (59,6-9) Trois femmes étaient proches de Jésus : Marie sa mère, Marie la sœur de sa mère et Marie-Madeleine qu'on appelait sa compagne. (63,35) Quant à Marie-Madeleine, le Sauveur l'aimait plus que tous les disciples et il l'embrassait sur la bouche souvent ». Ce texte est en fait à double sens : le baiser sur la bouche dans certaines sectes gnostiques n’a pas de signification amoureuse : il désigne, comme l’accolade, la fraternité des initiés. C'est un signe de communion et de régénération spirituelle, comme Jésus le faisait, dans un autre texte, également pour Jacques. Aussi le terme « compagne » n’a pas le sens de relation exclusive et charnelle, mais plutôt de relation privilégiée, comme attestée dans les évangiles. (cf page sur les textes gnostiques).

 

Pour aller plus loin :

  • Roland Hureaux, dans « Jésus et Marie-Madeleine », ‘Un amour jusqu’où’ (cf Chapitre 4 et 6) rappelle d’abord la nature des sentiments entre Jésus et Marie Madeleine selon les évangiles. Bien que l’évangile affirme : « Elle l’aima beaucoup », il n’en demeure pas moins que, pour l’auteur, l’idée d’une relation charnelle entre Jésus et Marie-Madeleine apparaît, non sans quelques raisons, comme sacrilège. Pourquoi ?... Cliquez pour fichier pdf.

 

  • Raymond Bruckberger, dans « Marie-Madeleine » (page 69-71) développe la nature du sentiment qui unissait Marie-Madeleine au Christ. Tout en étant Dieu, le Christ n’en était pas moins un homme très concret, très vivant, un homme vrai ; et Marie-Madeleine était femme. Pour l’auteur, il est impossible que Marie-Madeleine ne fût pas amoureuse du Christ. Il guérit cette femme, il la délivre de l'esclavage de sept démons, il accepte publiquement son geste d’hommage, il prend non moins publiquement sa défense et il humilie ses ennemis… Cliquez pour fichier pdf

 

Extrait: « Parfois c'est l’âme qui engage le corps après elle dans ses aventures : et alors c’est elle qui impose au corps même sa loi et son style. Parfois c’est le corps qui entraîne l'âme dans ses aventures à lui : alors c'est lui qui fait la loi et tout le reste de l’aventure s’en ressent. C’est d’une telle étreinte de l’âme que Marie-Madeleine avait été saisie. Dès lors on peut bien dire qu'elle aimait le Christ, qu’elle l’aimait de tout l’élan de son être. Cet amour était sage et pur, il obéissait. Seule l'âme pousse les choses à l’extrême, même son corps qu’elle réduit à la servitude de son amour. Telle était la grande âme de Marie-Madeleine : tout l’être de cette admirable créature était dans la servitude de son amour contemplatif, même son corps. C’est pourquoi elle désirait mourir pour le Christ. Telle était la signification de son hommage, quand elle brisa sur les pieds du Christ le précieux vase de parfum ».

 

  • Henri Lacordaire, dans « Sainte Marie-Madeleine », p. 58. réfléchit sur l’amitié en général, puis sur cette amitié qui lie Jésus et Marie Madeleine. Cliquez pour fichier pdf

 

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Extrait: « Il arrive que l'amour des âmes conduise à l'amitié. Quand on a été près d'une pauvre créature déchue l'instrument de la lumière qui lui révèle sa chute et qui lui rend son élévation, cette cure sublime d'une mort qui devait être éternelle inspire quelquefois aux deux âmes un indéfinissable attrait né du bonheur donné et du bonheur reçu. Et si la sympathie naturelle s'ajoute encore à ce mouvement qui vient de plus haut, il se forme de tous ces hasards divins tombés dans de mêmes cœurs un attachement qui n'aurait pas de nom sur la terre, si Jésus-Christ lui-même n'avait pas dit à ses disciples : Je vous ai appelés mes amis. C'est donc l'amitié. C'est l'amitié telle que Dieu fait homme et mort pour ses amis pouvait la concevoir. Mais encore, parmi ces âmes avec lesquelles Jésus-Christ vécut et mourut, il y en eut qui furent l'objet d'une prédilection. Il les aimait toutes; mais il en aima quelques-unes plus que toutes. Ce fut là, en ce monde, le sommet des affections humaines et divines; rien n'y avait préparé le monde, et le monde n'en reverra jamais qu'une image obscure dans les plus saintes et les plus célestes amitiés. »

 

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